La belle Escalade

L'Escalade 2017 aura lieu du 08 au 10 décembre

Programme 2017 en  Français | Anglais

Au début du XVII-ème siècle la France, la Savoie et Genève étaient des états indépendants.
A la suite du Traité de Paris de 1601 la région de Bresse est attribuée à Henri IV, roi de France, tandis que Saluces et Pays de Gex reviennent à Charles Emmanuel, duc de Savoie, régions appartenant avant cette date à Genève. Par la force des armes Henri IV s'empare du pays de Gex mais il reste en bonnes relations avec Genève car il lui accorde deux fois 20 000 écus comme dette de guerre avec Henri III et des facilités fiscales et douanières à ses habitants; il rend les trois villages de Chancy, Avully et Moëns et s'engage à subvenir de 2 000 écus aux nécessités de la garnison de Genève.
Charles Emmanuel, duc de Savoie, désirait Genève mais le roi d'Espagne, son allié s'y opposait, de même que le roi de France.
Mais l'attaque a été si redoutée que les Genevois n'y croyaient plus arriver. En plus, Rochette, président du Sénat de Chambéry proposait des collaborations économiques, donc une éventuelle attaque n'était plus à attendre.

Mais au pays de Savoie, autour du château de Bonne les troupes se rassemblent. Charles d'Albigny, gouverneur de Savoie en est le commandant en chef. Il commande trois cents nobles, l'élite qui devrait entrer dans la cité de Genève et ouvrir ses portes aux deux à trois mille hommes, mercenaires français et espagnols. Ils étaient munis de longs escaliers noirs pliables, des haches et de gros marteaux. Ils devaient avancer doucement pour ne pas se faire remarquer. Partis à six heures du soir, ils arrivent sous les murs de Genève à minuit.

peuple.jpgPendant cette période-là Genève occupait seulement la partie située sur la colline, autour de la Cathédrale Saint-Pierre et était entourée de grosses murailles. Cà et là il y avait des bastions munis de canons pour tirer de haut sur la plaine. La communication avec l'extérieur se réalisait par les trois portes principales: une à Cornavin pour la France et la Suisse, une autre, porte Neuve (vers l'actuelle place Neuve) pour la Savoie, la troisième à Rive pour Chablais et Faucigny. Genève était entourée de fosses pleines de boue et au loin s'étendait une plaine lisse et déserte en temps de paix.

Les attaquants arrivent à Plainpalais, à l'extérieur de la ville et longent les murailles (là où aujourd'hui est située rue de la Corraterie) jusqu'à la proximité du Rhône. Ils dépassent les fosses pleines de boue et grâce à leurs longs escaliers ils escaladent les murs en réussissant à pénétrer dans la cité. Leur but est d'ouvrir porte Neuve (là où est située à présent Place Neuve) pour laisser passer à l'intérieur de la cité les 2000 à 3000 mercenaires. Les portes intérieures sont ...ouvertes et sans garde.
Une sentinelle passe sans les apercevoir mais vers 2h30 la garde de la Tour de la Corraterie entend un bruit et annonce son supérieur. Celui-ci envoie une sentinelle qui tombe raide morte après avoir donner l'alarme par un feu d'arquebuse. La sentinelle de la Tour a compris, tire elle aussi, l'alarme est sonnée. Quelle est l'intention des Savoyards? Quelques-uns se précipitent vers porte Neuve pour tenter de l'ouvrir. La porte était gardée par treize hommes: dix d'entre eux s'enfuient, deux se cachent et seulement Isaac Mercier monte sur la porte et coupe la corde qui retenait le volet vertical. Celui-ci tombe sur l'artificier savoyard qui se préparait à faire sauter en l'air la porte et empêche les mercenaires d'entrer dans la cité. Genève reconnaissante a donné le nom de cet héros à une de ses rues.
Les Savoyards qui étaient déjà entrés courent vers les portes intérieures, Monnaie, Tertasse et Maison de Ville pour pénétrer dans la deuxième enceinte.
sulitasi.jpgMais l'alarme était déjà sonnée et mille hommes armés chassent les attaquants par les trois portes intérieures et ensuite par la porte Neuve.

On dit que la femme de Pierre Guillaume, entrée en légende comme Mère Royaume était en train de préparer la soupe à trois heures du matin, soupe qui a été projetée, la marmite avec, dans la tête des envahisseurs qui se trouvaient à cette heure-là sous sa fenêtre. Peut-être ne cuisinait-elle pas à cette heure-là? Il est vrai pourtant que son mari confectionnait des marmites en fer et en étain. Les Savoyards se bousculent pour se sauver la vie et tentent à s'échapper à l'aide des escaliers qu'ils renversent à force de se hâter.
Un canon du bastion tire sur les Savoyards de l'extérieur. Persuadés que porte Neuve est sautée en l'air, les mercenaires poussent des cris de joie et courent vers les murs. Mais un autre canon vers Maison de Ville oblige ceux qui restent vivants à s'enfuir effrayés.

Dix-sept Genevois sont morts et vingt-sept ont été blessés mais la liberté de la cité a été sauvée.
Les prisonniers ont été exécutés. Les têtes des 67 Savoyards ont été exposées quelques mois en public, à Genève.

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